Not to be
Le 16 février 2005
Une photographie et des comédiens séduisants au service d’un exercice de style un peu vain.


- Réalisateur : Paolo Sorrentino
- Acteurs : Adriano Giannini, Olivia Magnani, Toni Servillo, Giselda Volodi, Angela Goodwin
- Genre : Drame
- Nationalité : Italien
- Distributeur : Océan Films
- Durée : 1h50mn
- Titre original : Le conseguenze dell' amore
- Date de sortie : 16 février 2005
- Festival : Festival de Cannes 2004

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Résumé : Titta di Girolamo vit seul, à l’hôtel, depuis plusieurs années, dans un ordre et une régularité d’horloge. Il ne sort que pour déposer à la banque des valises de billets qui sont régulièrement laissées devant sa porte. Une vie imperturbable que viendra bouleverser une rencontre qui faussera la donne, le mettant face à l’imprévu : les conséquences de l’amour.
Critique : Titta di Girolamo. Un nom que l’homme reconnaît comme sa seule fantaisie. Une vie rythmée par ces seuls trajets jusqu’à la banque pour y déposer des valises de billets. Il est impassible, indifférent à tout : rien ne vient jamais perturber ce masque de froideur, de cynisme, de lucidité glacée. Une chambre d’hôtel vide, une famille fantôme, des insomnies, un univers vidé de toute forme de désir. Le monde de Titta di Girolamo est dominé par l’ordre. L’amour est un désordre. Le simple fait de prendre conscience de l’existence de Sofia va mettre en pièce la parfaite symétrie de sa vie.
Les conséquences de l’amour est un film qui déroute. Follement séduisant par certains partis pris de mise en scène, le long métrage adopte un rythme très rapide se heurtant à l’asepsie de l’image, un choix musical qui a encore cet aspect "clip" ; et met en avant le jeu de Toni Servillo, fascinant, hypnotique. En même temps, le film est terriblement agaçant par la mise en place d’un mystère dont on se contrefiche, l’impossibilité de la moindre empathie pour les personnages, le côté presque prétentieux de certaines scènes et un sentiment d’inachevé, d’inabouti. Paolo Sorrentino revendique une vision italienne de la mafia, un thème peu exploité dans le cinéma de la péninsule. Mais le propos s’égare, s’effiloche, et il ne reste, au bout du compte qu’un film à l’esthétique glacée, magistralement interprété, mais prodigieusement vain.