Le 17 mai 2024
Une femme tire plusieurs fois sur un homme, soit-disant en légitime défense. Un excellent mélodrame noir signé William Wyler, qui offre une nouvelle fois à Bette Davis l’occasion d’une prestation exceptionnelle.


- Réalisateur : William Wyler
- Acteurs : Bette Davis, Bruce Lester, Herbert Marshall, James Stephenson, Gale Sondergaard, Doris Lloyd, Cecil Kellaway, Willie Fung , Victor Sen Yung
- Genre : Drame, Noir et blanc
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Théâtre du Temple
- Durée : 1h35mn
- Date télé : 11 octobre 2024 20:50
- Chaîne : Ciné+ Classic
- Reprise: 5 mai 2008
- Titre original : The Letter
- Date de sortie : 7 mai 1947

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– Année de production : 1940
Résumé : Dans une plantation de Sumatra, en pleine nuit, des coups de feu retentissent. Un homme sort en titubant de la maison principale, suivi par une femme qui continue à lui tirer dessus.
Critique : La lettre est le deuxième des trois films que Bette Davis tournera avec William Wyler. Situé entre L’insoumise (Jezebel 1938), qui valut à l’actrice son second Oscar, et L’héritière (The heiress 1949), le long métrage est adapté d’une nouvelle de Somerset Maugham par Howard Koch. C’est le seul des trois à se dérouler à l’époque contemporaine.
La femme, Leslie (Bette Davis) l’épouse de Robert Crosby (Herbert Marshall), un riche planteur, a tué Geoffroy Hammond, un ami de la famille, qui a tenté d’abuser d’elle. Tout laisse à penser que Leslie a agi en légitime défense. C’est ce que pense Howard Joyce (James Stephenson), avocat et ami de la famille. Leslie est transférée à Sumatra, pour un procès qui ne devrait être qu’une formalité jusqu’à l’apparition d’une lettre détenue par la veuve de Hammond (Gale Sondergaard).
Avec sa mise en scène brillante, comme l’attestent notamment la scène d’ouverture et celle du bal, William Wyler met remarquablement en valeur Bette Davis, présumée victime, qui trompe son monde. Son personnage occupe tous les esprits qu’elle soit à l’écran ou pas.
Spécialiste des rôles dits de garce, Bette Davis, avec son visage particulier, est impressionnante de justesse, maniant alternativement candeur, droiture et manipulation.
Malgré l’imposante présence de Bette Davis, les deux acteurs principaux, Herbert Marshall, en mari bafoué et James Stephenson, avocat tiraillé entre son éthique et sa fascination pour Leslie, tirent impeccablement leur épingle du jeu.
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