Le 24 août 2022
Au XIXe siècle dans l’Oregon, trois familles se dirigent vers l’Ouest où elles comptent s’installer. Un périple difficile et austère qui emprunte aux codes du Far West tout en s’en démarquant.


- Réalisateur : Kelly Reichardt
- Acteurs : Michelle Williams, Bruce Greenwood, Will Patton, Zoe Kazan, Paul Dano
- Genre : Western, Road movie
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Pretty Pictures
- Durée : 1h44mn
- Titre original : Meek's Cutoff
- Date de sortie : 22 juin 2011
- Festival : Festival de Venise 2010

L'a vu
Veut le voir
Résumé : 1845, plaines de l’Oregon : trois familles très croyantes, avec autant de chariots, cheminent vers l’Ouest où elles comptent s’installer. Elles sont guidées par Stephen Meek (Bruce Greenwood), un trappeur qui se dit éclaireur, vantard et volontiers violent, qu’elles ont dû rémunérer.
Critique : Si le contexte et les ingrédients de base de ce film font immédiatement penser à un western, celui-ci s’en démarque à plus d’un titre. Déjà, la période dite du western se situe "officiellement" de 1865 à 1895 : nous sommes ici vingt ans avant.
Mais la différence se fait surtout ailleurs. Loin d’une épopée ou d’un récit d’aventures, on est ici face à une lente et pénible progression, dans une contrée désolée souvent exposée au grand soleil. Les pionniers n’ont pour trouver leur chemin que les connaissances plus ou moins garanties de Meek. Les vêtements totalement inadaptés, jamais changés, sont d’une incroyable saleté, et les cheveux et les barbes sont trop longs. Les femmes, qui suivent le convoi à pied, doivent de plus assurer l’intendance, pendant que le hommes palabrent inutilement sur les choix de parcours. Ce sont néanmoins elles, et principalement Emily (Michelle Williams) qui vont finir par prendre de plus en plus de pouvoir quand le groupe va capturer un Indien, qu’elles croient apte à les mener à un point d’eau indispensable à leur survie, contrairement à Meek qui ne cesse de tergiverser.
Cette relecture du Far West, réalisée par une femme, ce n’est pas si souvent, est parfois victime de l’austérité qu’elle véhicule, mais n’en demeure pas moins une intéressante illustration d’une époque trop généralement glorifiée par Hollywood.
- Copyright Primitive Nerd