Le 21 mai 2022
Une bande de hors-la-loi débarque dans un village où un conflit débute entre deux éleveurs. Le dernier western d’André de Toth, crépusculaire et original, est une vraie réussite.


- Réalisateur : André De Toth
- Acteurs : Robert Ryan, Burl Ives, Tina Louise, Jack Lambert, Alan Marshal
- Genre : Western, Noir et blanc
- Nationalité : Américain
- Editeur vidéo : Wild Side Video
- Durée : 1h32mn
- Reprise: 6 janvier 2016
- Titre original : Day of the Outlaw
- Date de sortie : 12 août 1959

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Résumé : Wyoming : Blaise Starrett (Robert Ryan) arrive dans un petit village sous la neige. Pionnier chez les éleveurs, il ne supporte pas qu’aujourd’hui les nouveaux arrivants s’arrogent les terres en y posant autour du fil barbelé. Il est prêt à en découdre avec Hal Crane (Alan Marshall), le principal d’entre eux qui, de plus, a épousé Helen (Tina Louise) qui l’a quitté autrefois. Ils s’apprêtent à se battre quand arrive une bande de hors-la-loi menée par Jack Bruhn (Burl Ives).
Critique : Les bandits, au nombre de sept, sont en faits des déserteurs qui ont pillé les caisses de l’armée, et cherchent un parcours discret pour leur fuite. Le village se trouvant sur leur chemin, ils comptent y faire escale pour la nuit.
Ce western sombre et rigoureux, inhabituel et passionnant, présente une galerie de personnages qui ne sont pas franchement sympathiques. Starrett, déjà un homme du passé, est totalement intolérant, rigide et n’a pas supporté d’avoir perdu Helen. Crane, sorte de nouveau riche arrogant, se croit tout permis. Les habitants du village préfèrent rester neutres et raser les murs. Les bandits arrivant semblent pour la plupart dégénères, prêts se saouler et sont enclin au viol et au meurtre à la moindre occasion. Seul Bruhn, leur chef, blessé au ventre, parvient à les contenir.
Dans un contexte tendu et avec une lenteur calculée, tous vont devoir cohabiter en attendant que Starrett leur serve de guide le lendemain dans les montagnes enneigées. Une scène de danse forcée pour les dames est à ce titre tout à fait exemplaire du malaise qui parcourt la communauté au cours de cette longue nuit.
Sur un scénario complexe, dénué de tout cliché, écrit par Philip Yordan qui travailla notamment pour Anthony Mann, André de Toth signe un western quasi crépusculaire, son dernier, qui prouve qu’il était bien plus qu’un bon faiseur. Le choix du noir en blanc dans un univers enneigé apporte une touche supplémentaire originale à cet excellent et insolite western.
À noter qu’André de Toth était surnommé par la presse le quatrième borgne de Hollywood, les trois autres étant Fritz Lang, Raoul Walsh et John Ford. Il y a plus mauvaise compagnie !