Le 22 septembre 2021
Une comédie sociale mainstream. Ni franchement déplaisant, ni franchement réussi, le film vaut surtout pour le sentiment de sympathie que suscitent les comédiens : Sandrine Kiberlain et Edouard Baer.


- Réalisateur : Benoît Graffin
- Acteurs : Sandrine Kiberlain, Édouard Baer, Bulle Ogier, Benjamin Biolay, Anna Gaylor, Wahid Bouzidi
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français
- Distributeur : EuropaCorp Distribution
- Durée : 1h33mn
- Date télé : 2 août 2022 20:50
- Chaîne : 6ter
- Date de sortie : 27 janvier 2016

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Résumé : D’accord, Marie est un peu fatiguée de l’insouciance de son mari Sam, cadre sup au chômage depuis 2 ans. D’accord, elle est très tentée de se laisser séduire par ce bel inconnu qui lui fait la cour. D’accord, il y a aussi le concours de piano de sa fille... Si cet équilibre dingue et léger tient à peu près debout, un événement inattendu jette toute la famille sur un chemin encore plus fou.
Critique : Sam n’a pas de boulot, vit de récup, traîne son désespoir avec une nonchalance qu’Edouard Baer joue sans efforts, lui ayant naturellement mis l’alliance depuis qu’il officie dans l’espace médiatique. Face à son mari apathique, Marie s’énerve, voudrait qu’il prenne son avenir en main et les sorte de leur inconfort matériel, d’autant que la nouvelle d’une expulsion tombe bientôt. Sandrine Kiberlain a choisi une nouvelle comédie sociale après Les Femmes du 6e étage, son partenaire sur l’écran n’a pas beaucoup à se forcer pour incarner la déprime attendrissante. Le film exalte plus ou moins discrètement des valeurs familialistes : dès lors que l’échange se mue en confidences affectueuses, la caméra se fend de quelques discrets plans de coupe sur le visage d’un enfant attentif.
Ni franchement mauvais, ni franchement bon, ce feel good movie est dans la moyenne des comédies françaises et s’accommode d’une configuration vaudevillesque qui laisse toujours traîner un amant à l’affût d’une fragilité psychologique (Benjamin Biolay y est un personnage ténébreux, tiens donc).
Le scénario a le bon goût de ne pas capitaliser sur de sempiternelles séquences de système D, imaginant un deus ex machina pour faire bifurquer une affaire qui s’annonçait ennuyeuse : la disparition de Madeleine, voisine du dessus, bourgeoise plutôt détestable, qui meurt subitement après une quinte de toux, tandis que l’adolescente de la famille prenait des cours de piano chez elle. La moralité initiale de la mère - "On ne vole pas, on se démerde" - va être mise à rude épreuve, avec un cadavre encombrant.
Le scénariste de Sans arme ni haine, ni violence, La Fille de Monaco ou Hors de prix signe un film qui n’est pas désagréable, mais rien de transcendant au niveau de la mise en scène et la construction des personnages : on a l’impression de voir s’agiter un petit théâtre de marionnettes déjà vu ailleurs, outre que ce divertissement plutôt sympathique manque tout de même singulièrement de rythme. Mais la fin est inattendue...