Le 26 mai 2021
En mai fais ce qu’il te plait se voudrait être un déchirant hommage à nos anciens, mais ne s’avère qu’un film qui sent la naphtaline.


- Réalisateur : Christian Carion
- Acteurs : Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, August Diehl, Alice Isaaz
- Genre : Drame
- Distributeur : Pathé Distribution
- Durée : 1h54mn
- Date de sortie : 4 novembre 2015

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Résumé : Mai 1940. Pour fuir l’invasion allemande, les habitants d’un petit village du nord de la France partent sur les routes, comme des millions de Français. Ils emmènent avec eux dans cet exode un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l’Angleterre...
Critique : Quoi de mieux que la guerre comme sujet pour un grand film populaire ? L’histoire vibrante de la France, ses blessures, ses drames humains, ont toujours été utilisés par le cinéma, pour le meilleur comme pour le pire. Avec En mai fais ce qu’il te plait, le réalisateur Christian Carion veut nous refaire le coup de son film Joyeux Noël, avec comme toile de fond l’humanisme en temps de conflit. Et c’est bien le pire qui arrive, plein de bons sentiments et de personnages caricaturaux. L’exode de 1940 est un sujet en or, rarement traité au cinéma, et qui devrait avoir une résonance toute particulière de nos jours. Las, le film ne fait que raconter des faits, sans souffle, sans hauteur, sans émotion, ni saveur, et tombe dans tous les pièges dressés devant lui, avec une naïveté désarmante. Les protagonistes n’arrivent jamais à susciter la moindre empathie, faute d’une construction trop simpliste (le maire meneur des troupes, l’enfant malin, l’institutrice qui aime les enfants, l’Allemand repenti et gentil, tous les autres très méchants). Le scénario est balisé, toute les scènes attendues seront bien là, jusqu’à la love story dont, finalement, on se fiche pas mal. Au lieu du grand film populaire qu’il voulait faire, Chistian Carion se prend les pieds dans le tapis et signe une œuvre populiste, sans âme, où tous les clichés sont réunis, loin, très loin de son ambition initiale et de son budget. Ce qui devait être un long métrage rassembleur et intergénérationnel, n’ira au final pas plus loin qu’un spectacle du dimanche, suranné, sans la moindre incidence. Dommage.