Animal Kingdom
Le 3 juin 2014
Trois ans après l’épatant Animal Kingdom, David Michôd assoit sa réputation de grand réalisateur avec une nouvelle oeuvre choc.


- Réalisateur : David Michôd
- Acteurs : Guy Pearce, Anthony Hayes, Robert Pattinson, David Field, Scoot McNairy
- Genre : Drame, Science-fiction
- Nationalité : Américain, Australien
- Durée : 1h42mn
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans
- Date de sortie : 4 juin 2014
- Festival : Festival de Cannes 2014

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Trois ans après l’épatant Animal Kingdom, David Michôd assoit sa réputation de grand réalisateur avec une nouvelle oeuvre choc.
L’argument : Dix ans après l’effondrement de l’économie occidentale, les mines australiennes sont encore en activité, et cette industrie attire les hommes les plus désespérés et les plus dangereux. Là-bas, dans une société moribonde où survivre est un combat de chaque jour, plus aucune loi n’existe. Eric a tout laissé derrière lui. Ce n’est plus qu’un vagabond, un homme froid rempli de colère. Lorsqu’il se fait voler la seule chose qu’il possédait encore, sa voiture, par un gang, il se lance à leur poursuite. Son unique chance de les retrouver est Rey, un des membres de la bande, abandonné par les siens après avoir été blessé. Contraints et forcés, les deux hommes vont faire équipe pour un périple dont ils n’imaginent pas l’issue…
Notre avis : Une voiture fonce à toute allure à travers le désert australien. A l’intérieur, trois hommes maculés de sang hurlent. Dès cette séquence d’ouverture choc, la violence, bien que hors-champ, imprègne les images. En quelques scènes, David Michôd, réalisateur du génial Animal Kingdom, parvient à brosser le portrait d’un monde chaotique, aux lendemains d’une crise économique fatale. Ici, justice et remords ont disparu il y a bien longtemps, et l’espèce humaine, si vile et avide, a été réduite aux plus bas instincts, ceux bestiaux qui marquait le titre de son précédent film.
Le regard froid, David Michôd tente de sonder les vertiges de l’âme humaine, capable de chuter bien bas. Dans The Rover, le cinéaste n’offre aucune place à l’optimisme. Sa vision de l’être humain est vide de sentiments, elle obéit à l’instinct primaire de survie. Même les liens familiaux, pourtant à l’origine puissants, ne sont plus un prétexte suffisant pour tisser des relations humaines. C’est au travers du personnage de Robert Pattinson, Rey, que cette idée prend son sens. Alors qu’il cherche à retrouver son frère, l’ayant laissé pour mort après la fusillade de l’ouverture, ses sentiments évoluent peu à peu, jusqu’à éprouver une aversion particulière, voire une haine totale, pour son propre frère. Même la structure familiale a été annihilée par l’apocalypse dépeint par le réalisateur australien, avec tout le réalisme dont on le sait capable.
The Rover est le film choc attendu à Cannes cette année (bien qu’il soit, hélas, présenté hors-compétition), une œuvre fascinante, cherchant à éveiller les consciences, par l’horreur qu’elle exprime, des dérives de notre société actuelle. L’image nerveuse et la bande-son électrique participent à la construction d’une atmosphère pesante et moite. Mais c’est la scène finale, dont nous ne pouvons bien entendu pas parler, qui conclut parfaitement la réflexion menée sur les tréfonds de l’âme humaine et qui paradoxalement lui rend une infime part d’humanité.
La claque est prise, et Michôd confirme. The Rover est le grand film que l’on attendait.
Extrait VOST :
Bande-annonce VF :