Le 24 février 2020
Une chronique familiale plutôt sirupeuse, qui termine même dans le saintdoux.


- Réalisateur : Yasemin Samdereli
- Acteurs : Denis Moschitto, Fahri Ogün Yardim, Arnd Schimkat
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Allemand
- Durée : 1h41mn
- Date télé : 24 février 2020 20:55
- Chaîne : Arte
- Titre original : Almanya - Willkommen in Deutschland
- Date de sortie : 30 mai 2012

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Notre avis : Grand succès du cinéma allemand en 2011, sélectionné dans un certain nombre de festivals à travers le monde, Almanya est un conte dont la structure est proche du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, avec son lot de séquences cocasses qui convoquent le surréalisme (l’apparition du Christ redouté par un jeune garçon, les bouteilles de coca dont s’abreuve l’enfant, le plat offert au vieux couple qui vient d’être naturalisé allemand). Mais le long-métrage lorgne également sur Good Bye, Lenin ! par la douce nostalgie qu’il distille, notamment reliée aux ruptures de linéarité dans la narration. Le temps qui passe est aussi l’éloignement d’un pays que l’on laisse, même si l’enjeu du film est également des vacances auxquelles toute la famille est conviée, dans une résidence d’été acquise en Turquie, et qui engendreront un aimable voyage en forme de carte postale. Ce retour émouvant au pays natal a été voulu par Hüseyin, le patriarche, qui sert de fil conducteur au récit.
A travers son itinéraire, le film documente l’histoire d’un certain nombre d’ouvriers turcs à partir des années 60, mais d’une manière enjouée, avec une bonne dose de sentimentalisme. Le reste s’appuie de manière convenue sur la confrontation de deux cultures, profilant des situations attendues. Ainsi, la difficulté à se faire comprendre dans un commerce engendre une scène d’un intérêt limité, parce qu’on en devine, bien à l’avance, tous les ressorts comiques.
Almanya, qui n’est pas fondamentalement désagréable, finit tout de même par se dissoudre dans la mélasse. La bifurcation au ralenti vers le pathétique en constitue une étape prévisible. Les dernières minutes, absorbées par le deuil, sont d’une épaisseur plutôt indigeste.